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Définition Soit k un corps et E un k-espace vectoriel . E est un k-espace vectoriel de dimension finie si il possède une famille génératrice de cardinal fini. Dans le cas contraire, E est dit de dimension infinie.
Proposition Soit E un espace vectoriel sur un corps k. On suppose que E est de dimension finie . Alors E possède une base . De plus cette base est de cardinal fini.
Démonstration Comme E est de dimension finie, il possède une famille génératrice finie A=
. A étant de cardinal fini, on peut extraire de A la plus petite partie de A qui soit génératrice de E. Nommons A' cette sous partie de A. A' est alors génératrice minimale . C'est donc une base de E. A' est clairement de cardinal fini.
Remarque On commence à s'en douter: dans un espace vectoriel de dimension finie, toutes les bases ont même cardinal. Ce cardinal sera appelé la dimension de l'espace vectoriel. Le lemme qui suit a pour objet de préparer la démonstration de cette propriété.
Lemme Soit E un espace vectoriel sur un corps k. Soient e ,...,e des vecteurs de E formant une base de E. Soient aussi v ,...,v des vecteurs de E. Supposons que m>n. Alors v ,...,v forme une famille liée de vecteurs de E.
Démonstration Raisonnons par l'absurde et supposons que la famille v ,...,v est libre dans E. Comme (e ) engendre E, on peut trouver des coefficients k pour i=1,...,n tels que v =
. v étant non nul, on peut supposer, quitte à re-indexer les differents termes de la somme, que
0. On est alors en droit d'écrire:
Soit encore:
Nous venons en fait de mettre e sous la forme e =
où k. Montrons par récurrence que l=1,...,m
k tels que e = v +...+ v +
. Cela revient à montrer que e Vect(v ,...,v ,e ,...,e ). Supposons cette propriété vraie à l'ordre l et montrons la à l'ordre l+1. On sait que v <e ,...,e > mais i=1,...,l e <v ,...,v ,e ,...,e >. Autrement dit i=1,...,l e <v ,...,v ,e ,...,e >. On peut donc trouver des coefficients ,..., tels que v =
. On peut de plus supposer que l'un des coefficients ,..., est non nul. Si cela n'était pas le cas alors la famille v ,...,v serait liée dans E, ce qui est contraire à notre hypothèse de récurrence. Supposons, quitte à re-indexer les e que est non nul. On a alors:
En multipliant chacun des membres de cette égalité par
, on obtient une écriture de e de la forme:
où est élément de k i=1,...,n. Ceci termine notre récurrence. Mais comme n>m, chaque e s'écrit: e =
où k i=1,...,n. On déduit de cela que pour tout i=1,...,n, e <v ,...,v >. Mais comme E=Vect(e ,...e ) , v est lié à la famille v i=1,...,n si p>n. Ce qui est en contradiction avec notre hypothèse de départ et prouve la proposition.
On peut maintenant formuler et démontrer le théorème fondamental suivant:
Théorème Soit k un corps et soit E un k-espace vectoriel . Si E est de dimension finie alors toutes les bases de E ont même cardinale.
Démonstration Comme E est de dimension fini, E possède au moins une base. Supposons qu'il en existe deux et montrons qu'elles ont même cardinal.Soient e = (e ,...,e ) et f = (f ,...,f ) deux bases de E. Supposons que m>n. Comme e est une base de E, on peut appliquer le lemmme précédent . Par conséquent f est liée . Ceci est impossible car f est une base de E. Donc m n. En faisant le même raisonement en permutant le rôle de e et celui de f, on obtient n m. On est alors en droit d'écrire: n=m.
Ce théorème démontré, la définition suivante a un sens.
Définition Soit E un espace vectoriel de dimension finie sur un corps k. Si E est réduit à son élément nul alors on dit que la dimension de E est 0. Sinon, on appelle dimension de E et on note dim E, le cardinal d'une base de E.
Le théorème suivant est aussi vrai pour un k-espace vectoriel de dimension infinie. La démonstration cependant nécessite l'usage de l'axiome de choix . Nous nous y intéresserons dans le paragraphe ``Espaces vectoriels de dimension infinie''.
Théorème de la base incomplète Soient k un corps et E un espace vectoriel de dimension finie sur k. Soit n=dim E et soit e=(e ,...,e ) une famille libre de E. On suppose que m<n. On peut alors trouver des vecteurs f ,...,f dans E tels que (e ,...,e , ,...,f ) soit une base de E. On dit qu'on à complété la famille e en une base de E.
Démonstration Comme e n'engendre pas E, on peut trouver un vecteur f dans E tel que f n'est pas élément de Vect(e ,...,e ). La réunion e
forme donc une famille libre de E. Si cette nouvelle famille est génératrice de E, alors c'est une base de E et m+1=n. Le théorème est démontré. Si ce n'est pas le cas, on recommence le processus. On construit ainsi des vecteurs f ,...,f . Ce processus s'arrête nécessairemant quand m+l=n. (Sinon on construit une famille libre de cardinal plus grand que la dimension de E).
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Emmanuel_Vieillard-Baron_pour_les-mathematiques
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